Loin de ma Gaspésie natale - Tamara Critchfield

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Loin de ma Gaspésie natale

Loin de ma Gaspésie natale - Tamara Critchfield

Je suis nouvellement arrivée de la Gaspésie, d’où je suis née, et où grandi. C’est vraiment un très grand dépaysement pour moi, d’arriver dans une ville comme Montréal. Quand on est là-bas, bien sûr que l'on voit les images de la ville, on peut même suivre tout ce qui s’y passe par le biais de la radio, de la télévision, ou par les journaux. Mais toutes ces informations sont loin de nous préparer à toute la fébrilité, et la vitesse à laquelle les gens d’ici vivent. Même si j’y suis allé de façon graduelle, en m’inscrivant d’abord au programme de technique de soins infirmiers au Cégep de Rimouski, pour ensuite poursuivre mes études pour l’obtention d’un baccalauréat en sciences de la santé à l’Université du Québec à Trois-Rivières, le choc est malgré tout, assez surprenant. Après mon embauche dans un hôpital de la rive nord, une collègue de travail m’a proposé de partager son logement dans un quartier tranquille de Laval. Évidemment, j’ai accepté, disons que c’était une bonne alternative entre la tranquillité de la vie à la campagne, et les avantages d’avoir tous les grands restaurants, les salles de spectacle, les cinémas, et sans compter les grands magasins qu’offre la grande ville. Mais c’est quand même une adaptation à laquelle je ne m’attendais pas.

Une chance que je suis dans le milieu de la santé, ça élimine de devoir trouver un nouveau médecin de famille. Mais je dois par contre trouver un nouveau dentiste, un nouveau comptable, un nouveau mécanicien, et ce n’est pas aussi évident que ça peut avoir l’air. Par chez nous, puisque tout le monde se connaît, les références sont faciles à obtenir. Ici, les choix sont tellement nombreux, qu’il faut apprendre à faire confiance assez rapidement. Pour ce qui est du choix du mécanicien, le père de ma colocataire est propriétaire d'un garage situé à quelques rues de chez nous. Ça ne devrait pas être trop compliqué. Pour le comptable, son frère travaille pour un cabinet de CPA montreal, et il m'a dit qu'il me référerait quelqu'un. Reste maintenant à trouver un bon dentiste. Et croyez-moi, quand on a déjà peur des dentistes, c'est une tâche qui risque d'être un peu plus pénible.

 C’est sûr que je suis heureuse d’être ici. J’ai un bon travail dans un bon hôpital et j’ai développé de très belles amitiés avec des collègues. Mais, si comme on dit, on peut sortir de la Gaspésie, on ne pourra jamais sortir la Gaspésie de moi. J’ai déjà hâte à mes vacances pour y retourner, pour revoir ma famille. Aussi, je sais qu'un jour lointain, j'irai y prendre ma retraite avec l'homme de ma vie et y attendre la visite de mes enfants et petits-enfants avec impatience et le cœur en paix...